2020 : L’Union Régionale CFDT a 100 ANS

9 syndicats fondent l’Union Régionale
Une assemblée constitutive a lieu le dimanche 25 avril 1920 au «Demi-Cercle» place Notre-Dame à Roubaix. Neuf syndicats* y participent. «Afin de s’aider mutuellement dans l’action et la propagande, ces syndicats* ont décidé de s’unir dans une Union Régionale des Syndicats professionnels du Nord». Ces syndicats sont :
Pour Roubaix : l’Union Syndicale des Employés du Commerce et de l’Industrie ; les Dames Employées ; les Ouvrières de l’Industrie Textile; les Travailleurs de l’Industrie Textile.
Pour Lille : l’Union Syndicale des Employés de la Banque, du Commerce et de l’Industrie; les Dames Employées du Commerce et de l’Industrie; les Ouvrières de l’Habillement; les Ouvrières du Textile.
Pour Halluin : l’Union Syndicale Ouvrière Textile

Les statuts sont discutés puis adoptés. « Cette réunion est, pour l’action professionnelle dans notre région, pleine de promesse d’avenir ! ».

Le 1er Congrès
Plus de cent délégués se réunissent au «Demi-Cercle» le 4 juillet 1920 à Roubaix. Après quelques mois d’existence, l’Union Régionale des Syndicats Professionnels du Nord se « signale » ainsi à l’opinion publique, note Le Nord Social. Pendant une heure, les représentants des syndicats locaux (Torcq pour Lille, Duhamel pour Roubaix-Tourcoing, Louckx pour les régions dévastées, Houte pour Halluin) font défiler les efforts, les résultats et les espérances des organisations qu’ils représentent. Puis le président national de la Confédération Française des Travailleurs Chrétiens (CFTC) tire les conclusions du débat et donne les « directives » : “Devant le rapide développement des syndicats, il faut asseoir l’organisation matérielle et financière de nos organisations, il faut s’occuper de la formation des militants, ne pas négliger la question de l’apprentissage”.

L’entrée de la salle du Café Pandore à Roubaix, lieu de l’AG des syndicats

900 personnes l’après midi à l’AG des syndicats
Une Assemblée Générale des syndicats se tient le même jour l’après-midi dans la salle des fêtes du café Pandore (28 rue Pauvrée à Roubaix). 800 adhérents, membres des syndicats professionnels, y

participent. Charlemagne Broutin, alors secrétaire général du syndicat professionnel de la métallurgie de la Région Parisienne, y prend la parole pour faire l’historique du mouvement syndical et dénoncer les méfaits de l’individualisme.

Louis Blain, secrétaire général de Roubaix-Tourcoing, présente un rapport sur l’état des syndicats en 1920

Louis Blain, secrétaire général de l’Union locale des Syndicats libres de Roubaix-Tourcoing et environs, présente un rapport sur l’état de la nouvelle « Union Régionale ». On a ainsi une idée de l’implantation syndicale de l’époque.

Dans l’arrondissement de Lille, les syndicats professionnels féminins sont passés en onze ans de 30 adhérentes à 721. Le syndicat des ouvriers du Textile (un an d’existence) a dû lutter contre les manoeuvres cégétistes pour faire sa place. L’union des syndicats des employés a progressé de plus de 100 nouveaux membres. Et un nouveau syndicat vient de naître : le syndicat professionnel des cheminots.

Sur Roubaix-Tourcoing, on a des syndicats professionnels très actifs : grève du textile, des banques, la bagarre du syndicat des employés pour des « appointements minimum » pour les jeunes, et celle du nouveau syndicat des « dames employées » pour de meilleures conditions de travail. Quant au monde des ouvriers et ouvrières du textile, il y a des sections formées à Roubaix, Tourcoing, Wattrelos, Linselles, Roncq, Leers, Wasquehal et Toufflers. Le nombre progresse légèrement. Les raisons : l’apathie des ouvriers qui ne se syndiquent que par la pression ou l’entraînement, la lutte que mène la CGT contre nous, la peur pour certains d’être à la remorque de la CGT ou que l’on soit des copies des syndicats jaunes (patronaux).

Sur Halluin, on compte plus de 500 membres. Le Syndicat Indépendant reprend peu à peu son développement qui avait fait sa force avant la guerre 14-18 (1200 adhérents).
Des initiatives sont prises à Lille-Roubaix-Tourcoing-Halluin pour « grouper les travailleurs du bâtiment, si nombreux en cette période de reconstruction ».


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