Flash-Back
1975-1977 : DESOMBRE (Lille) 17 mois d’occupation

Confection de chemises, pyjamas, robes de chambre et de rideaux, l’établissement Desombre de Lille-Fives travaille aussi pour de grandes marques comme Ted Lapidus et J.P. Germain. Il emploie environ 200 salariés essentiellement du personnel féminin. Pourtant en Août 1975, le président Alain Desombre annonce le dépôt de bilan. Malgré la période de congés, le personnel se mobilise tout de suite et des actions sont entreprises auprès de la Direction Départementale du Travail et de la main d’oeuvre pour empêcher la fermeture.

En Octobre 1975, les ouvrières empêchent le départ de marchandises destinées à la livraison. Elles occupent l’usine où le directeur est considéré comme persona non grata et n’a plus possibilité d’entrer. Le conflit bascule avec l’intervention des forces de l’ordre pour récupérer la marchandise (20 000 chemises) et faire quitter l’usine aux employées. Distributions de tracts, manifs, assemblées générales, envoi de délégations un peu partout : les ouvrières poursuivent l’occupation de l’usine tout en maintenant l’outil de travail en état de marche.

Le 3 novembre, le maire de Lille, Pierre Mauroy, organise une table-ronde pour tenter de résoudre le conflit…En vain. Les responsables économiques n’y participent pas. Le personnel occupera les locaux de FR3 pour obtenir un reportage sur leur conflit (voir video ci-dessous) et réveillonnera dans l’usine le 1er janvier 1976.

Après 17 mois d’occupation, une solution se profile, en mars 1977, grâce en partie à la municipalité. La société Godde-Bedin, une usine de confection de voilage, rachète le terrain Desombre et cède le sien à la ville de Lille. Cette société reprend 23 des 30 ouvrières qui occupaient les ateliers. Les 7 autres sont reclassées dans d’autres établissements. Les “LIP” du Nord ont gagné !

Retrouvez l’interview  en 1976 de Paulette DELAVAL, déléguée CFDT

Dans le journal ci-après, retrouvez les principales étapes de ce long conflit, mené par la CFDT!

Les commentaires sont fermés